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Guerrier debout - Jalisco
Guerrier debout - Jalisco - Archéologie Style
Réf : 97834
40 000 €
Époque :
Avant JC au Xe siècle
Provenance :
JALISCO - Mexique Style de la vallée Ameca
Materiaux :
Terre cuite creuse beige à engobe beige orangé
Dimensions :
l. 25.5 cm X H. 34.8 cm X P. 16.6 cm
Galerie Mermoz
Galerie Mermoz

Art Précolombien


+33 (0)1 42 25 84 80
Guerrier debout - Jalisco

Ce magnifique guerrier est un superbe exemple de l’art funéraire des cultures chamaniques du Mexique occidental. Il provient de la région du Jalisco et plus particulièrement des ateliers de la région lacustre d’Ameca qui a donné son nom au style Ameca, caractérisé notamment par des visages allongés et prognathes.

Bien qu’impassible, il contient une forte énergie, dans son expression comme dans sa posture, qui témoigne de la sensibilité et de la dextérité des artisans-céramistes locaux. Une telle réalisation, extrêmement travaillée, ne peut être en effet que l’œuvre d’un potier hors pair, maîtrisant sur le bout des doigts les techniques de modelage de l’argile et de sa cuisson.

2000 ans plus tard, cette sculpture est toujours là, grâce à des siècles d’enfouissement dans une tombe à puits, un type de sépulture propre au Mexique occidental, composée d’un long tunnel et de plusieurs chambres funéraires. Parmi bien d’autres offrandes, ce ...

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... personnage faisait office de gardien, chargé de défendre la demeure et l’âme d’un défunt de haut rang contre les forces hostiles de l’inframonde afin qu’il atteigne sans encombre le royaume des esprits et rejoigne la communauté des de ses nobles et vénérés ancêtres.

On suppose qu’il était également déposé comme cadeau aux puissances surnaturelles afin d’obtenir protection et fertilité pour la communauté des vivants. Si nous voyons en lui une œuvre d’art, il était avant tout pour ses contemporains, un acteur à part entière de la vie religieuse et rituelle, doté de réels pouvoirs. Il s’agit donc surtout et avant tout de la touchante manifestation d’un « Art de Croire ».

Solidement campé sur ses deux jambes trapues, il écarte et lève ses deux bras, dans une attitude dynamique, prêt à contrer quiconque viendrait troubler le repos du défunt. Le style est naturaliste bien que le rendu témoigne parallèlement d’une grande liberté dans l’interprétation du corps et de ses proportions. Le réalisme et l’individualité de ce personnage permet de penser qu’il s’agit d’un portrait.

Son bras gauche porte à hauteur du visage un bouclier de forme rectangulaire, son bras droit brandit une courte lance dotée d’une pointe. L’ensemble du corps est massif, en particulier les pieds, très larges, aux talons exagérément étirés vers l’arrière. Les tibias sont proéminents et les genoux très hauts, si bien que les cuisses sont quasiment inexistantes. Le torse est compact et les bras musclés. Les doigts des mains et les orteils des pieds fidèlement restitués.
Les yeux sont allongés, les paupières sont modelées tout comme les pupilles peintes en noir. L’importance donnée à ce regard et l’exagération des pupilles traduit bien l’état d’éveil du guerrier en alerte, déterminé à faire barrage aux esprits maléfiques. Le nez est fort et pointu, tout comme le menton en galoche. Ses narines sont évidées. La bouche est fermée et le relief des lèvres présent. Les oreilles imposantes sont saillantes et leur orifice est percé pour laisser s’échapper l’air permettant à l’argile de ne pas se briser lors de la cuisson.

Le visage, plutôt émacié, est décoré de peintures faciales noires, de forme triangulaire, qui rayonnent depuis le nez sur le front et les joues. Les yeux et la bouche sont également maquillés de noir. La tête est recouverte de ce qui semble être un bonnet en tissu. Quatre cordelettes enserrent le crâne, maintenues par un élément décoratif au sommet, juste au-dessus du front. L’homme porte pour seul vêtement un pagne, à l’origine peint en brun clair. A l’arrière, l’artiste a modelé de façon stylisée la pointe du tissu. Un détail, parmi d’autres, qui atteste du temps consacré et du soin apporté par l’artiste à cette offrande, et donc de sa très grande valeur.

Le thème du guerrier est abondamment illustré dans l’art Jalisco. On a constaté qu’un grand nombre de ces hommes armés regardaient vers la gauche, associé au mal et à la venue d’un danger dans de nombreuses cultures, notamment chez les indiens Huichol. L’anthropologue Peter Furst qui a longuement étudié les traditions du Mexique occidental en a conclu que ces effigies représentaient vraisemblablement des gardiens chamans.

Galerie Mermoz

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