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Giovanni B. LAMBRANZI (1632 – 1716) - La Remise des clefs à st Pierre
Réf : 75776
100 000 €
Époque :
XVIIe siècle
Signature :
Signé en bas à gauche sur l’écusson en pierre : OP
Provenance :
Dans les années 1980, Chaucer Fine Arts Inc., Londres.
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
L. 175 cm X H. 113 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins


04 78 37 34 54
Giovanni B. LAMBRANZI (1632 – 1716) - La Remise des clefs à st Pierre

Giovanni B. LAMBRANZI (Venise, 1632 – id., 1716) fut particulièrement marqué par l’artiste vénitien Pietro Liberi (1605-1687) qui démontra des qualités exceptionnelles pour les sujets profanes, les thèmes licencieux (il est surnommé « Il libertino ») et les grandes fresques décoratives. Liberi a notamment contribué à diffuser une passion pour l’art de Véronèse, peintre apprécié par les tenants du style baroque tardif (après 1650). Lambranzi a hérité d’un intérêt marqué pour les décors plafonnants organisés par des systèmes perspectifs illusionnistes. L’une de ses premières réalisations importantes est la décoration des plafonds de l’église Santa Marta e dei Carmini (aujourd’hui perdue) que le peintre et agent Marco Boschini a décrit en 1674 dans un célèbre guide des plus importantes curiosités de Venise.
Dans notre peinture représentant La Remise des clefs à saint Pierre, l’artiste met en place un décor architectural spectaculaire composé d’un fragment de temple à gauche et d’une grande nef montée sur des portiques qui tombent en ruine. Le thème biblique occupe une place secondaire dans cette scénographie très étudiée qui laisse apparaître d’autres architectures en ruine à l’arrière-plan dans les interstices laissés libres. Les constructions imaginées par Lambranzi mêlent des motifs antiquisants et des formes renaissantes recouvertes partiellement par la végétation.
L’artiste prend le contre-pied de la célèbre illustration du sujet évangélique que le Pérugin avait donné à la chapelle Sixtine (1482) en présentant les personnages en frise au-devant de la composition et en rejetant les architectures exprimant l’idéal classique de la Renaissance au bout de la perspective du pavement. Au contraire, Lambranzi insère l’épisode de La Remise des clefs dans une profondeur de champ médiane et valorise énormément l’ensemble architectural éphémère qui crée l’illusion. Par un travail poussé sur le point de vue et la mise en scène, il confronte le spectateur à une machinerie visuelle qui le stimule et l’emporte dans une fiction : le tableau est organisé comme une scène de théâtre ou d’opéra. Ce genre de peinture, apprécié au début des années 1670, est investi par le peintre vénitien Giovanni Ghisolfi qui s’en fait une spécialité et aboutit à des scénographies complexes. Pour mieux situer le contexte de production de notre peinture, nous renvoyons à une composition de Ghisolfi conservée à la Gemäldegalerie de Dresde, dont l’esprit et la facture sont proches de l’invention de Lambranzi et dont les proportions entre hauteur et largeur correspondent. Les blocs de pierre, les morceaux de bas-reliefs ou de frises, et les chapiteaux démembrés placés au premier plan sont des points d’accroche visuels pour faire rentrer le spectateur dans la composition. Ghisolfi use régulièrement de cet artifice visuel et Lambranzi le perpétue dans des oeuvres plus tardives essentiellement focalisées sur le thème religieux. Dans Le Mariage mystique de sainte Catherine 2, plus caractéristique d’un retour à la peinture de Véronèse, on reconnaît le groupe de putti agrippés à un chapiteau dans la partie inférieure de notre scénographie.

Galerie Michel Descours

XXe siècle
Raoul Ubac, Composition, 1946
Raoul Ubac, Composition, 1946

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