EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Gérard Seghers (1591-1651) - La Vierge à l'Enfant avec Saint Jean-Baptiste
Réf : 73741
65 000 €
Époque :
XVIIe siècle
Signature :
Signé en bas au centre " gerard.zegers.fecit "
Materiaux :
Huile sur panneau
Dimensions :
L. 136 cm X l. 110 cm
Gérard Seghers (1591-1651) - La Vierge à l'Enfant avec Saint Jean-Baptiste

La Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste est caractéristique des œuvres du peintre anversois Gérard Seghers (1591-1651) de la fin des années 1630 et du début des années 1640. A cette époque, Seghers avait gagné une grande réputation comme peintre d’histoire religieuse dans les Anciens Pays-Bas mais aussi en Europe. Le peintre fut honoré du titre de Peintre Sa Majesté, c’est-à-dire Peintre de Cour des Gouverneurs, comme en témoigne la légende du magnifique portrait de Seghers gravé d’après Van Dyck après 1635 repris dans la célèbre Iconographie. Les œuvres de Seghers étaient visibles dans de nombreuses églises et dans de prestigieuses collections privées comme celles du marquis de Leganés à Madrid ou de l’archiduc Léopold-Guillaume à Bruxelles.

A la fin des années 1630, le style de Seghers devient davantage rubénien avec des couleurs franches, des espaces ouverts, délaissant les caractères caravagesques acquis durant son voyage en Italie et en Espagne dans les années 1610. Le peintre utilise alors une ligne brune et souple pour cerner des formes amples et majestueuses. Sa touche lisse, les carnations marmoréennes et les drapés fluides confèrent une grande douceur à la composition. De cette époque date aussi, par exemple, Le Christ apparaissant à sa Mère après la Résurrection, exécutée pour la chapelle de Jan Vincque fondée en 1642 à l’église Saint-Jacques d’Anvers. On remarque dans cette toile un putto en bas à gauche du même type que notre Enfant Jésus au ventre rebondi et aux boucles généreuses et la Vierge fait le même geste de la main.
Dans notre Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, les couleurs sont à la fois intenses et raffinées comme le rouge rosé de la robe de la Vierge ou le bleu-vert de son manteau, une couleur subtile souvent utilisée par le peintre anversois. Seghers a peint plusieurs fois la Vierge à l’Enfant et saint Jean-Baptiste, avec une invention toujours renouvelée, comme dans la Sacra Conversazione d’Helsinki où il déploie aussi, mais en largeur, ce décor aristocratique avec une colonne et un parapet donnant sur un paysage.

L’histoire du tableau peut être retracée jusqu’au XIXe siècle car La Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, donnée à Seghers, apparaît dans la vente des tableaux du général Joseph-Honnoré-Désiré Daigremont (1790-1866) en 1861 ). Le catalogue nous apprend que le général a constitué son importante collection après 1816. L’infatigable collectionneur (les 2 ventes de 1861 comptent 381 tableaux et celle de 1866, 224 numéros) a acheté ses œuvres dans différents cabinets et collections parisiennes (celles des Princes de Conti, Galitzin, etc.). Il n’a pas été possible de découvrir l’histoire antérieure du tableau dont le sujet est très répandu. La notice du catalogue Daigremont est très éloquente, évoquant une œuvre de chevalet, rare, importante par la fraîcheur du coloris tout flamand et la noblesse du style digne d’un tableau italien.
La composition n’a pas été gravée et aucune copie n’est connue. Au XVIIe siècle, le tableau était sans doute destiné un lieu privé où il n’était pas visible du plus grand nombre. Le panneau est exceptionnellement signé, un fait rare dans l’œuvre de Seghers qui compte dix œuvres signées ou monogrammées (Seghers ou Segers). Une signature semblable avec un « Z » remplaçant le « S » initial du nom apparaît sur un dessin autographe de Seghers, la Madonne à l’Enfant dans une guirlande de fleurs et de fruits, conservé à la Yale University Art Gallery (New Haven), une élégante composition sans doute exécutée dans la seconde moitié des années 1630 et dont aucune version peinte ou gravée n’est connue.

Gérard Seghers ne signait en général que des œuvres destinées à l’étranger, là où son nom est moins connu qu’en Flandres, comme à l’église des Capucins de Soleure, les Jésuites d’Ingolstadt ou de Landshut ou l’église paroissiale de Calais. On peut donc supposer que cette Vierge était destinée à une clientèle étrangère, la richesse du support sur bois témoigne sans doute d’une destination prestigieuse. Par un heureux hasard, le panneau deSeghers revient au XXe siècle dans le Couvent Anglais de Bruges par le biais d’un don d’une parente d’une Sœur avant d’être revendu par ce couvent.

Pour plus d'information, veuillez nous contacter.

Frederick De Clerck

Tableaux XVIIe siècle