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Georges Antoine Rochegrosse (1859-1938) - La Tour de Babel
Georges Antoine Rochegrosse (1859-1938) - La Tour de Babel - Tableaux et dessins Style
Réf : 72396
5 800 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Signé en bas à droite : G. Rochegrosse
Provenance :
France
Materiaux :
Aquarelle gouachée sur traits de crayons noirs
Dimensions :
L. 32.5 cm X H. 39.5 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins


04 78 37 34 54
Georges Antoine Rochegrosse (1859-1938) - La Tour de Babel

Dès son plus jeune âge Rochegrosse fréquente l’élite littéraire réunie autour de son beau-père Théodore de Banville, avec lequel sa mère, veuve de bonne heure, s’est remariée. Parmi les habitués de leur appartement de la rue de l’Odéon figurent Baudelaire, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, Gavarni, Houssaye, les Goncourt, Mallarmé, et bien d’autres. Georges accompagne également son beau-père dans ses visites à Hugo et Flaubert ; il en gardera « un souvenir fait d’admiration et de terreur ».

Banville cultive la sensibilité et encourage le talent précoce du garçon en le plaçant d’abord chez son ami Dehondecq. A l’âge de douze ans il poursuit sa formation à l’Académie Julian, auprès de Gustave Boulanger et de Jules Lefebvre. Il se fait d’abord un nom comme illustrateur – activité qu’il cultivera tout au long de sa vie et qui ne contribuera pas peu à sa postérité. Après une première participation remarquée au Salon de 1882, son talent de peintre d’histoire éclate l’année suivante. Dans Andromaque (Rouen, musée des Beaux-Arts), il pousse la représentation tragique jusqu’à l’outrance, tentant de régénérer la peinture d’histoire traditionnelle au secours de la vérité archéologique, mais aussi à grand renfort d’hémoglobine. Louée par Houssaye, About et Péladan, entre autres, l’œuvre obtient le prix du Salon de 1883.
Les années suivantes le goût de Rochegrosse glisse vers l’Orient ancien, et son art s’infléchit progressivement vers une peinture plus chatoyante et sensuelle. Il expose en 1891 une monumentale Mort de Babylone, prétexte d’une lascive scène de harem théâtralisée par l’architecture d’un palais oriental. La Folie du roi Nabuchodonosor (Lille, palais des Beaux-Arts, Salon de 1886) confirme son attrait pour les thèmes de la décadence et de la déraison.

Notre dessin, qui passe pour représenter la construction de la Tour de Babel prolonge cette exploration. Mais la composition est plus de l’ordre du caprice que de l’illustration. Si le précaire échafaudage de poutres et de planches préfigure la destinée de la construction, les costumes des hommes qui s’y accumulent – des soldats plutôt que des ouvriers – ne visent pas à la couleur locale ; ils semblent empruntés à Rome, à l’Asie, voire même, à la Gaule. Mais cette commune contemplation du soleil couchant renvoie peut-être à un épisode non identifié de l’histoire. Il démontre en tout cas l’invention d’un artiste excentrique et cultivé, qui évoluera dans les cercles symbolistes tout en creusant un sillon personnel dans le champ de la peinture d’histoire.

Galerie Michel Descours

Dessin, Aquarelle & Pastel