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François Stahly (1911-2006) -  Alice au pays des merveilles, 1991
François Stahly (1911-2006) -  Alice au pays des merveilles, 1991 - Tableaux et dessins Style
Réf : 72386
4 500 €
Époque :
XXe siècle
Signature :
François Stahly (1911-2006)
Provenance :
Collection privée, France
Materiaux :
Encre et stylo bille sur papier
Dimensions :
L. 13 cm X H. 22 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins


04 78 37 34 54
François Stahly (1911-2006) - Alice au pays des merveilles, 1991

François Stahly tient une place importante dans la définition d’une nouvelle sculpture au cours des années 1950 et 1960. Intimement lié aux plus grands sculpteurs du XXe siècle : Arp, Brancusi, Giacometti, il a participé activement à la deuxième Ecole de Paris. Comme son ami Etienne Martin, le seul sculpteur de sa génération avec lequel on puisse vraiment le comparer, ses œuvres s’imposent comme un trait d’union entre l’art d’avant-guerre et les avant-gardes des années 1960 (art minimal, Land’art…).

François Stahly naît en 1911 à Constance, au sud de l'Allemagne. Son père Léopold Stahly est peintre portraitiste, et sa mère est issue d'une famille de peintres de vitraux et de paysans. Il passe sa jeunesse à Lugano, Zürich et Winterthur. A l'âge de 15 ans, François Stahly doit interrompre ses études pour gagner sa vie comme apprenti dans une imprimerie. En même temps, il suit des cours de peinture et de sculpture à la Kunstgewerbeschule de Zurich où il rencontre Max Bill et Jean Arp.

En 1931, il part pour Paris où il devient l'élève de Charles Malfray et d'Aristide Maillol à l'Académie Ranson. Dès 1936, il rencontre ses premiers succès professionnels et reçoit notamment, avec Fred Littman, une première commande de sculpture pour l'Exposition Universelle de Paris (1937).

Sa nationalité allemande l'oblige à des années d'errance avec sa famille durant la guerre : il est recherché à la fois par les allemands pour désertion et par les autorités françaises comme ressortissant d'un pays ennemi. En 1941-1942, Stahly séjourne à Marseille comme beaucoup d'artistes et d'intellectuels : il rencontre notamment Marcel Duchamp et Max Ernst, puis Jean Arp, Alberto Magnelli, Sonia Delaunay, Nicolas de Staël, et enfin à l’architecte Bernard Zerhfuss. A la même période, l’amateur d'art et écrivain Henri Pierre Roché, alors réfugié à Dieulefit, prend connaissance, par l'intermédiaire d'Etienne Martin, des premières sculptures de Stahly et lui achète de nombreuses œuvres réalisées pendant la guerre.

En 1948, Stahly participe à l'exposition inaugurale de l'abstraction de la Seconde Ecole de Paris (HWPSMTB) qui réunit Hartung, Wols, Picabia, Mathieu ou Tapié. Wols et Mathieu l'incitent à s’installer de nouveau à Paris pour former un groupe ; Henri-Pierre Roché lui conseille de s'installer à Meudon.

Dans les années 1950, il se lie d'amitié avec Alberto Giacometti qu’il admirait particulièrement : « Avec Etienne Martin je considère Giacometti comme mon meilleur ami. Les conversations que nous avons eues me sont restées gravées dans la mémoire comme un credo. » A la même époque, il rencontre Darthea Speyer, attachée culturelle de l'Ambassade des Etats-Unis à Paris, qui défendra son travail jusqu’à la fin de sa carrière.

Les années 1960 et 1970 sont marquées par des participations à des expositions prestigieuses de niveau international : en 1959 Stahly est invité à exposer à la Documenta de Kassel ; en 1960 à la Bertha Schaeffer Gallery à New York ; en 1961 à la galerie Jeanne Bucher, avec parution d'un catalogue (texte de Carola Giedion-Welcker) ; en 1966 il expose au Kunsthaus de Zürich et le Musée des Art Décoratifs de Paris lui propose sa première grande rétrospective. Grâce à l’intervention de Darthea Speyer, Stahly obtient une commande importante pour le Parc privé de Nelson Rockfeller à Tarrytown (L'Eté de la Forêt) qui s’inscrit dans un parcours labyrinthique.

À la fin des années 1960, Stahly s’installe une partie de l’année dans le cadre merveilleux d'une forêt, au Crestet, sur les contreforts du Mont Ventoux. Ses deux enfants, architectes, travaillent avec lui et construisent plusieurs maisons et un atelier. François Stahly imagine un réseau complexe de sentiers, de parcours, de lieux de silence et de méditation ponctués par des sculptures. Une importante documentation sur les lieux sacrés était également conservée dans ce lieu doté d’une force spirituelle particulière.

Pour des raisons de santé, à partir de 1989, Stahly recentre son activité sur la gravure et le dessin. Il conserve un intérêt pour l’accumulation des volumes, pour l’imbrication de formes qui déterminent des espaces ou structurent des architectures. Nos deux dessins sont caractéristiques de sa pratique graphique qui consiste à recouvrir l’intégralité du support en saturant la feuille avec des réseaux de lignes. Par un usage mixte d’encre brune et de stylo bille bleu, deux techniques non contraignantes, l’artiste construit des projections mentales à mi-chemin entre des paysages et des visions hallucinatoires. Nous retrouvons l’obsession des dessins d’Alberto Giacometti et l’intérêt particulier de Stahly pour l’invention de l’espace. Orientés par le récit de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles, et par la peinture du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich, nos œuvres n’en demeurent pas moins de très belles démonstrations universelles des capacités du médium « dessin » à transcrire les dérives de la psyché.

Galerie Michel Descours

Dessin, Aquarelle & Pastel