EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Dimitri Kouznetzov (1852 - 1924) - Portrait d'homme
Réf : 73757
45 000 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Dimitri Kouznetzov
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 93 cm X H. 123.5 cm
Galerie Charvet
Galerie Charvet

Tableaux - Dessins - Sculptures


06 11 18 47 48
Dimitri Kouznetzov (1852 - 1924) - Portrait d'homme

Dimitri Dimitrievich Kouznetzov
Stepanovka, Ukraine 1852 - Paris 1924.

Portrait d'un homme assis, les jambes croisées.

Signé et daté Dimitri Kouznetsov 1892 en bas à droite.

123,5 x 93 cm

On ne connaît que peu de choses sur Dimitri Kouznetsov. Né à Stepanovka en Ukraine, il semble avoir étudié les sciences naturelles à la faculté de mathématiques d’Odessa avant d’étudier la peinture comme son frère Nicolaï, auditeur libre à l’Académie des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg entre 1876 et 1879.
A Saint-Pétersbourg, une atmosphère d’émulation et de liberté créative régnait alors. En dehors de la rigoureuse Académie où les artistes apprenaient les techniques de dessin, de peinture et de sculpture, les artistes Polenov, Répine, et Sérov appartenaient au mouvement des Ambulants, fondé par Ivan Kramskoï, qui voyageait à travers la Russie et organisaient des expositions itinérantes afin de propager l’art et la culture. Ces artistes s’étaient aussi libérés du carcan des sujets historiques imposés par l’Académie et peignaient des sujets réalistes, tirés de l’observation de la vie quotidienne et du paysage russe dont Les Bateliers de la Volga de Répine ou Un Matin dans la forêt de pins de Ivan Chichkine et Constantin Savitsky sont parmi les œuvres les plus emblématiques. Nicolaï Kouznetsov participa aux expositions des Ambulants dès 1881 et fut également très proche du cercle intellectuel reçu à Abramtsevo chez l’écrivain Sergeï Aksakov.
Dimitri rejoignit probablement Nicolaï à Saint-Pétersbourg où il bénéficia de ses contacts avec un milieu artistique et intellectuel très stimulant. C’est avec l’un des Ambulants, Kyriak Kostantinovich Kostandi (1852-1921), que les deux frères partirent pour l’Europe dans les années 1886-87. Par le biais de Kostandi, Dimitri Kouznetsov devint également membre de ????, la Confrérie des jeunes peintres russes, une organisation créée à Odessa, aux expositions de laquelle il participa ponctuellement de 1891 à 1903. C’est aussi dans les années 1890 qu’il s’installe à Paris, ouvre un atelier et expose aux Salons du Champ-de-Mars.
Nikolaï, qui est aujourd’hui plus connu que Dimitri, revint s’installer en Russie et devint professeur de peinture de batailles à l’Académie des Beaux-arts. Il retourna régulièrement à Odessa, où il fonda avec sa collection personnelle et ses propres œuvres, un musée ouvert une fois par semaine pour l’éducation des artistes et de la population. En 1900, il fut élu membre de l’Académie sur la proposition de Répine, Beklemishev et Sokolov. Dans les années 1920, il émigra en Yougoslavie.

Outre l’influence manifeste de Répine et de Sérov, on peut voir dans notre Portrait d’un homme assis, les jambes croisées l’influence des grands portraitistes européens. A Paris dans les années 1890, Dimitri Kouznetsov a pu voir les portraits de Boldini, dont il ne reprend cependant pas le « swish », c’est à dire le coup de pinceau fluide et rapide, presque graphique. Il se rapproche plus de la manière brossée et moelleuse de Sargent qui était installé à Londres mais dont les portraits était régulièrement montrés à Paris, y produisant la plus grande impression, coupant le souffle ou créant le scandale. On peut encore imaginer que le peintre a vu les portraits de Jacques Emile Blanche, alors très en vogue et proche, notamment par ses séjours dieppois, des artistes anglais de l’époque.

L’usage du noir comme fond et des couleurs sombres pour les habits rappelle en effet tout à fait la formule du portrait mondain tel qu’il est alors apprécié en Europe. Mais il y a dans la pose et dans l’expression une franchise peu commune, un réalisme frappant et une absence étonnante de retenue. Le modèle s’y dévoile au spectateur tel qu’il est, c’est à dire plutôt bel homme, mais l’air un peu rogue, légèrement ironique sinon goguenard. Etant donné la décontraction de la pose - on aperçoit la chaussette pourpre - et la spontanéité de l’expression, il ne s’agit certainement pas du portrait d’un membre de l’aristocratie ou de la haute société qui gravite alors entre Londres, Boston, Paris et Venise. Est-ce un européen ou un slave ? C’est difficile à dire puisque Kouznetsov semble à cette époque avoir beaucoup voyagé entre la France et la Russie. Il s’agit certainement d’un proche de l’artiste. Il regarde directement le spectateur et, la bouche entrouverte, semble prêt à parler, ce qui distingue ce portrait de la plupart des portraits mondains de l’époque, desquels se diffuse toujours une sensation de retenue, parfois même d’ennui ou de distraction. Ici au contraire, la sensation de présence est puissante et le modèle s’impose au spectateur avec un aplomb inhabituel.

Galerie Charvet

XXe siècle
M Hirth - Étude Anatomique
M Hirth - Étude Anatomique

8 500 €

Tableaux XIXe siècle