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Description générale d’une Galère [La Reale], ses proportions… - Jean-Antoine de BARRAS DE LA PENNE
Description générale d’une Galère [La Reale], ses proportions… - Jean-Antoine de BARRAS DE LA PENNE - Tableaux et dessins Style
Réf : 97211
35 000 €
Époque :
XVIIe siècle
Signature :
BARRAS DE LA PENNE, Jean-Antoine de
Provenance :
France
Materiaux :
Encre de Chine sur papier
Dimensions :
L. 64.5 cm X l. 97 cm
Pingel Rare Books
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Description générale d’une Galère [La Reale], ses proportions… - Jean-Antoine de BARRAS DE LA PENNE

Dessin accompagné de deux feuilles de texte manuscrit, sur trois colonnes, chacune doublée et mesurant 40 x 50 cm (avec mouillures et petits manques de textes). Signé sur en bas à droite sur la seconde feuille : « A Monsieur, Monsieur Federic Barras de Lapenne, Seigneur de Barras et de Thoard de Lapenne […] par son très humble et très obéissant serviteur et neveu Barras de Lapenne, Capitaine d’une Galère du Roy, 1696. » Bibliographie : Inédit.

D’un grand format, cette feuille inédite de Jean-Antoine de Barras de La Penne est un témoignage édifiant sur l’importance des galères durant le règne de Louis XIV. L’œuvre se voit accompagnée d’un texte qui se compose d’une description détaillée de ce type de navire. L’auteur donne notamment les proportions et les noms de toutes les parties, allant de la poupe jusqu’à la proue, qui structure ce genre d’embarcation. Dans sa description d’une galère, Barras en profite pour vanter les ...

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... mérites de celle-ci, « le tout ensemble est si bien lié qu’il compose un corps capable de résister aux plus grosses tempêtes ». Il répond à plusieurs reprises aux détracteurs des galères, qui « s’imaginent que parce qu’elles sont basses, longues et légères, on ne peut pas leur faire perdre la côte de vue et que l’on oserait les conduire en pleine mer » et atteste qu’elles « peuvent même naviguer dans l’océan et qu’elles sont assez fortes pour soutenir un gros temps ».

Barras compare ensuite les galères aux autres vaisseaux de guerre, qu’elles savaient auparavant prendre et couler bas aisément, mais dans les trente années précédentes, la grandeur et la force des vaisseaux « à présent beaucoup supérieurs » avait bien plus augmenté que celles des galères, « mais il est certain que si on faisait pour les galères ce qu’on a fait pour les vaisseaux et qu’en augmentant leur force on les mit en état de porter une plus grosse artillerie, elles seraient aujourd’hui, à égard des vaisseaux de guerre, ce qu’elles ont fait autrefois, ce dessein ne serait pas impossible et se pourra s’exécuter dès lors que Sa Majesté l’ordonnera. » Il indique que les galères peuvent également servir pour le négoce, comme c’est le cas dans la Méditerranée (Gênes, Malte, Sicile…) pour le transport de marchandises (soies, vins, grains…), contrairement à ce qui a pu être écrit « à cause de leur faiblesse et de leur peu de capacité ». Barras précise que les galères ont un coût d’entretien très élevé, et qu’« il n’appartient qu’aux têtes couronnées, aux Princes souverrains et aux [Républiques] d’avoir des galères ».

À la suite, l’auteur donne avec précision les diverses longueurs et proportions d’une galère ordinaire (de vingt-six bancs, longue de 144 pieds). Ce dessin accompagné de ses deux feuilles de texte était destiné à Fédéric Barras de Lapenne (chevalier de la religion de Saint-Jean de Jérusalem), par son neveu Jean-Antoine Barras de Lapenne.

Jean-Antoine Barras de Lapenne, ou la Penne (1650-1730), était officier de marine, capitaine de Galère puis premier chef d’escadre des Galères à partir de 1719 et commandant du port de Marseille à partir de 1729. Il est connu pour ses nombreux écrits et notes concernant les galères. Il est une source incontournable pour les historiens qui cherchent à mieux comprendre la construction, le fonctionnement et l’usage des galères à l’époque moderne.

Le Corps des Galères a été créé à la fin du XVe siècle, par des seigneurs provençaux propriétaires de leurs galères et désireux de se mettre au service du roi de France dans ses guerres d’Italie. À la tête de ce corps fédéré, la Capitaine des Galères, navigant sur la plus belle et la plus grande d’entre elles, la Reale. À son apogée entre 1690 et 1700, le Corps des Galères comprend 40 galères, 12.000 rameurs, 3.000 officiers et matelots, 4.000 soldats.

Dans leur Dictionnaire de la Marine en 1702, Jean Covens et Corneille Mortier définissent la Reale ainsi : « C'est le nom de la principale galère d'un royaume indépendant, et non pas celle d'un royaume feudataire qui est annexé à un plus grand. La Réale est destinée en France au général des galères, et l'étendard royal la distingue des autres. Cet étendard est de forme carrée et de couleur rouge, semé de fleurs de lys d'or. La principale galère du Pape est aussi appelée Réale, à cause de la préséance que toutes les têtes couronnées des États catholiques donnent à ce chef de l'Église de Rome.

Les Royaumes de Cypre et de Candie, ayant été des possessions de la République de Venise, sont autorisés à qualifier de Réale la première de leurs galères. Les Génois revendiquent les mêmes droits à cause du Royaume de Corse. Mais les contestations sur les règles de salut, entre cette galère et les capitaines de Toscane et de Malte, l'empêchent (la Réale génoise) depuis longtemps de prendre la mer. Les principales galères des escadres de Naples, de Sicile et de Sardaigne, s'appellent chacune capitain Réale. » L’une des plus belles Reale connues – sinon la plus belle – est celle de Louis XIV, construite en 1797 et ornée d’un riche décor de Pierre Puget. Celle-ci est connue par un dessin de Barras de la Penne dans son ouvrage manuscrit 1697, la Science des Galères, grand volume in-folio conservé au musée de la Marine.

Notre feuille inédite présente de grandes similitudes, mais aussi certaines différences, avec cette illustration. Le statut de l’embarcation représentée dans notre dessin interroge. Barras donne le titre suivant à son œuvre : « Description générale d’une Galère », mais il précise plus loin dans sa description : « noms de toutes les parties qu’on peut voir au profil de la Reale représentée ci-dessus ». Cette feuille pourrait être par conséquent une prémisse au dessin conservé au musée de la Marine. Une étude plus aboutie permettrait sans doute d’en savoir plus. Il est néanmoins indéniable que cette œuvre, inédite et d’une grande rareté, constitue un manifeste extraordinaire sur l’histoire maritime à l’époque du Roi Soleil.

Bibliographie indicative André Zysberg et René Burlet, Gloire et misère des galères, Paris, Gallimard, 1988, 176 p. André Zysberg, Les galériens : vies et destins de 60 000 forçats sur les galères de France, 1680-1748, Paris, Seuil, 1991, 474 p. René Burlet, Les galères au Musée de la Marine, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 2001, 218 p. Nicole Castan et André Zysberg, Histoire des galères, bagnes et prisons en France de l'Ancien régime, Toulouse, Privat, 2002, 221 p. André Zysberg, Marseille au temps du Roi-Soleil : la ville, les galères, l'arsenal, 1660 à 1715, Marseille, J. Laffitte, 2007, 301 p. Patrice Grimald, Une galère à Versailles : reconstitution de la réale du Grand Canal construite en 1685, thèse sous la direction de Jean-Louis Loubet, Evry, Université d'Évry-Val-d'Essonne, 2013, 528 p.

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