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Commode en marqueterie de ruines par A.L Gilbert, Paris vers 1775
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Réf : 91321
38 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
André-Louis Gilbert
Provenance :
France, Paris
Materiaux :
Amarante, sycomore, bois de rose, buis
Dimensions :
l. 125 cm X H. 86 cm X P. 59 cm
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Antiquités Franck Baptiste
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Mobilier régional et Parisien et objet d'art


+33 (0)6 45 88 53 58
Commode en marqueterie de ruines par A.L Gilbert, Paris vers 1775

Rare commode « sauteuse » à deux tiroirs sans traverse en marqueterie de bois précieux (amarante, bois de rose, buis, sycomore) et bois gravés et teintés (sycomore teinté vert et teinté bleu).
La façade à ressaut central « à la grecque » et les cotés à décors de marqueterie de ruines antiques, avec des temples à colonnes ornées de chapiteaux corinthiens.
Les montants à larges pans coupés terminés par des pieds cambrés.

Trés belle ornementation de bronzes d’origine dorés au mercure et repris à froid en ciselure , dont des poignées de tirage à tores de lauriers, cul de lampe au buste de Louis XV , arrêtes, chaussons de pieds et plaquettes à feuilles de chêne et triglyphes épousant les découpes de la marqueterie.

Dessus de marbre gris St Anne d’origine.

Trés bel état de conservation, petites restaurations d’usage à la marqueterie.

Les deux montants estampillés A.L GILBERT et JME.

Cachet de cire de propriété en cyrillique. ...

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... (Probablement Pologne)

Travail d’André Louis Gilbert, Paris transition des époques Louis XV et Louis XVI vers 1775.

Dimensions :

Largeur : 125 cm ; Hauteur : 86 cm ; Profondeur : 59 cm

Notre avis :

La commode que nous présentons est un trés bel exemplaire des décors en marqueterie de ruines antiques qui rencontrèrent un vif succès à la fin du règne de Louis XV.
Si plusieurs artisans s’essayèrent à la technique, André Louis Gilbert fût le maitre incontesté pour ce type de marqueterie, au point que dans les inventaires anciens, ce genre de commode fût simplement dénommée « Une commode Gilbert ».
Si aujourd’hui cette estampille est trés prisée par le cercle restreint des connaisseurs, sa réputation dépassa largement les frontières du royaume de son vivant.
Notre ébéniste va s’inspirer des productions du peintre Hubert Robert, pour obtenir le maximum de précision et un rendu coloré, il va utiliser des bois finement gravés et surtout teintés, notamment en vert, à l’aide d’un procédé aujourd’hui oublié.
Sur quelques rares modèles, dont la commode que nous présentons, il va aussi incorporer une teinte bleu pour simuler la couleur céleste.
La douce tonalité et les nuances de ces teintes végétales offrent à cette production un rendu inimitable ainsi qu’une relative modernité, accentuée aussi par la pureté des lignes et le contraste des bois précieux qui encadrent ces véritables tableaux de bois.
L’ornementation de bronze, avec le buste de Louis XV, nous renvoie probablement vers un hommage au roi fraichement disparu en 1775.
Le cachet de cire nous indique que notre commode était anciennement dans une collection polonaise, comme beaucoup de meubles français qui furent exportés vers ce pays durant le règne de Louis XV.
La France entretenu en effet d’étroites relations avec le pays d’origine de la reine Marie Leszczynska à cette période.



*GILBERT André-Louis, notable ébéniste, né à Paris en 1746, mort dans cette ville le 3 avril 1809. A l’âge de vingt-trois ans, étant ouvrier chez Noël Malle, il se rendit coupable d’un acte d’indélicatesse et dut s’engager dans la garde du guet pour éviter la prison. Après avoir obtenu son congé, il reçut des lettres de maîtrise le 20 juillet 1774 ,et s’établit d’abord rue Traversière. En 1785, on le retrouve dans la Grande rue du Faubourg Saint-Antoine, « au coin de celle de Charonne ». Son atelier était en pleine prospérité lorsque la Révolution éclata. Bien qu’il n’eût rien à gagner au triomphe des "idées subversives", Gilbert semble les avoir adoptées avec enthousiasme et fut un des Vainqueurs de la Bastille. Il reprit alors du service dans la compagnie de chasseurs organisée par le futur général Hulin, passa en 1792 à la 35e division de gendarmerie, devint l’année suivante officier dans la légion de police, puis fut nommé lieutenant à la suite de la 59e demi-brigade en décembre 1799.
A cette époque Gilbert n’exerçait plus depuis longtemps. Ruiné par les troubles politiques qu’il avait contribué à faire naître, il finit ses jours à l’hôpital Saint-Antoine.
On connaît de nombreux ouvrages signés de sa marque A. L. GILBERT. Parmi ceux qui se rattachent aux débuts de sa carrière, il faut citer une commode ayant appartenu à M. Louis Sarlin et un secrétaire qui dépendait de la succession Caclard. Ces deux beaux meubles, à placages de bois satiné, se caractérisent par leur fière et sobre élégance. J’ai vu du même artisan une curieuse commode dans le style transitoire Louis XV à Louis XVI, en mosaïques à quadrillages et rosettes d’un rouge vif sur fond jaune. Les productions ultérieures de Gilbert offrent pour la plupart des marqueteries nuancées d’un genre assez original. Ce maître se fit une spécialité d’imiter en bois de couleur les compositions à motifs d’architecture que le peintre Hubert Robert avait mises en vogue. Il exécutait ces petits tableaux dans la manière du fameux marqueteur David Rœntgen, en multipliant les pièces de rapport finement nuancées, sans toutefois s’astreindre à la minutie de l’artiste allemand.

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