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Coffre en noyer sculpté et polychromé de la Première Renaissance
Coffre en noyer sculpté et polychromé de la Première Renaissance - Mobilier Style Renaissance
Réf : 86489
Prix sur demande
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Allemagne ou Est de la France
Materiaux :
Bois de noyer
Dimensions :
l. 141 cm X H. 73 cm X P. 59 cm
Mobilier Cabinet & Coffre - Coffre en noyer sculpté et polychromé de la Première Renaissance
Galerie Gabrielle Laroche
Galerie Gabrielle Laroche

Haute Epoque


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Coffre en noyer sculpté et polychromé de la Première Renaissance

ORIGINE : ALLEMAGNE ou EST DE LA FRANCE
EPOQUE : EPOQUE LOUIS XII,1500 - 1510

Ancienne collection Pierre Louis Bresset
Ancienne collection Gustave Eiffel

Bois de noyer
Bon restes de polychromie bleue et dorée
Serrure à moraillon d’époque postérieure
Bon état de conservation

Epoque Louis XII (1490 - 1515)
Plus rares que les meubles gothiques, du fait de leur courte période de fabrication (1490-1515), les meubles de cette époque présentent un intérêt historique.

Ce coffre en noyer, dont les éléments sont assemblés à queue d’aronde à l’arrière, présente une façade exceptionnelle d’une grande plasticité, sculptée dans la masse d’une unique planche épaisse de 4 centimètres.
Les parois latérales sont formées de deux planches de noyer de 3 centimètres d’épaisseur.

La composition très riche est l’illustration d’un schéma gothique d’influence germanique. Elle est rythmée non plus par des contreforts ou des colonnettes ...

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... gothiques -et pas encore par des éléments clacissisant ultramontains- mais par des colonnes très graphiques, striés, reposant sur une base. Les rainures des colonnes se développent irrégulièrement et proposent un mouvement rythmique qui participe à un effet de profondeur.

Cinq volets figurent une série de personnages issus de la tradition religieuse à l’exception de l’élément central qui est sculpté d’un ange présentant un blason aujourd’hui arasé. Deux registres sont isolés par l’arcature formée d’accolades ogivales denticulées, une structure qui poursuit l’idée du fenestrage à orbevoie. La grande recherche dans le travail d’ornementation, de détails, accompagnés d’éléments architecturaux et de motifs naturalistes encore gothiques s’ajoute à la qualité des compositions et de la sculpture dans un esprit propre à l’époque Louis XII (1490-1515).

ICONOGRAPHIE

Registre inférieur, de gauche à droite :

La première scène issue de la Genèse, premier livre de l’Ancien Testament, représente la Tentation d’Eve. Les premiers parents sont placés de part et d’autre de l’Arbre de la Connaissance suivant la tradition iconographique. Enroulé autour du tronc on distingue le serpent à tête humaine. Instrument du Diable dans les Ecritures il est ici tout à fait mêlé avec la figure du malin comme il est d’usage dans les représentations. C’est lui qui pousse Eve à désobéir au commandement divin et à gouter au fruit de la connaissance. Celle-ci est représentée tenant un de ces fruits dans sa main gauche tandis que de sa main droite elle en tend un autre qu’elle vient de cueillir à Adam.

La deuxième scène se développe sur les trois volets centraux du coffre. En effet, l’Ange représenté à droite dans le deuxième volet répond à la Vierge Marie et à la colombe du Saint Esprit sculptés à gauche dans le quatrième volet. Entre eux deux apparaît un vase aux lys. Il s’agit de l’Annonciation, le moment où l’Ange Gabriel apprend à la Vierge qu’elle enfantera du fils de Dieu. Le phylactère tenu par l’ange matérialise la salutation qu’il lui adresse dans l’Evangile de Luc (MARIA GRACIA PLENA, Lc 1, 26-38). La présence du lys dans les Annonciation, fleur symbole de virginité, apparaît au XIVe siècle dans la main de Gabriel. Ici il est représenté dans un vase posé au sol entre les deux protagonistes comme cela se faisait au nord des Alpes et plus particulièrement en Allemagne où les fleurs se multiplient.

Encadrant le groupe de l’Annonciation figurent deux saints anachroniques. Celui de droite est parfaitement identifiables grâce à ses attributs canoniques. Il s’agit de Saint Antoine (Haute-Egypte 251-356) munie de la cloche dont se servait les ermites pour repousser les attaques des démons dans le désert et d’un chapelet à gros grain. Il porte le tau, symbole de la vie future, brodée sur la robe à capuchon que portaient les moines de son ordre. En effet au XIe siècle est fondé un ordre hospitalier sous son patronage visant à soigner les pestiférés et les syphilitiques. Saint Antoine est à la fin du XVe et au début du XVIe à l’apogée de son culte. En revanche le saint évêque représenté sur le deuxième volet et qui fait pendant à Saint Antoine demeure mystérieux en l’absence de signes distinctif. Il pourrait toutefois s’agir de l’évêque Athanase d’Alexandrie (298-372), contemporain de l’ermite dont il rédige la légende.

La troisième scène, représentée sur le cinquième volet figure l’Apparition à Madeleine, la première visite qu’accompli Jésus après sa mort et résurrection. A genoux devant son maître, qu’elle vient de reconnaître, Madeleine est repoussée du bras par Jésus qui lui dit Noli Me Tangere ; « ne me touche pas mais va vers mes disciples et dis leurs que je monte chez mon père ». Ici le terme ‘toucher’ doit se comprendre comme ‘contact prolongé’, « ne me retiens pas » ; il demande à Madeleine d’accepter qu’il n’a pas ressuscité pour demeurer matériellement à ses côtés. Sensé se dérouler au tombeau du Christ l’épisode sculpté exprime le plein-air par l’arbre dressé derrière les deux personnages et par le vent qui agite l’étendard de la résurrection tenu par Jésus.

Registre supérieur, de gauche à droite :

En parallèle aux scènes bibliques apparaissent intercalés entre chaque arche, debout sur un petit globe posé sur la colonne, les représentants de l’ancienne loi. Ils sont représentés vêtus de costumes contemporains et de chapeaux associés à la communauté juive. Roi, prophète et patriarche s’expriment ici au-travers de leurs phylactères. Le premier, David, que l’on reconnait à la couronne et à la lyre, porte le début du Psaume 110 dont on lui attribue la paternité ; « DIXIT DOMINUS DOMINO MEO » (Parole de l’Eternel à mon Seigneur).

Le second personnage est le prophète Isaïe, son phylactère porte l’inscription « EGREDITUR VIRGA DE RADICE JESSE » (Un rameau sortira de la souche de Jessé). Premier verset du chapitre 11 du livre d’Isaïe il se réfère à la généalogie de la Vierge dont Jessé serait l’ancêtre.
Le troisième personnage est impossible à identifier du fait de son phylactère très endommagé.

Le quatrième personnage est à nouveau le prophète Isaïe dont le phylactère cite un extrait du chapitre 7, verset 14 de son livre. « ECCE VIRGO CONCIPIET » (La vierge enfantera d’un fils).

Le phylactère du cinquième personnage porte l’inscription « ECCE VENIET DOMINUS PRINCEPS (Voici venir le Seigneur souverain). Il s’agit d’un extrait de chant grégorien en usage dès le Xe siècle et entonné dans la liturgie des heures durant l’Avent. Il porte sur l’avènement de Dieu qui se réalise ainsi au moment de Noël.

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Galerie Gabrielle Laroche

Cabinet & Coffre Renaissance

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