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Chapiteau roman à décor de quatre bustes d'Africains - Italie du Sud, XIII siècle
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Réf : 93162
19 000 €
Époque :
XIe au XVe siècle
Provenance :
Italie du Sud, probablement Pouilles
Materiaux :
Pierre
Dimensions :
l. 41 cm X H. 35 cm X P. 41 cm
Sculpture Sculpture en pierre - Chapiteau roman à décor de quatre bustes d'Africains - Italie du Sud, XIII siècle XIe au XVe siècle - Chapiteau roman à décor de quatre bustes d'Africains - Italie du Sud, XIII siècle Moyen Âge - Chapiteau roman à décor de quatre bustes d'Africains - Italie du Sud, XIII siècle
Dei Bardi Art
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Sculptures et objets d'art Haute Epoque et Renaissance


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Chapiteau roman à décor de quatre bustes d'Africains - Italie du Sud, XIII siècle

Chapiteau sculpté en ronde-bosse à décor de quatre bustes d’Africains
Italie du sud, probablement Pouilles - XIII siècle
Pierre
H 35 x L 41 x P 41 cm

Grand et rare chapiteau en pierre sculpté de quatre côtés en très haut relief. La corbeille est revêtue de deux couronnes de feuilles d’acanthes superposées ; chaque angle est souligné par une volute qui accentue le format carré ; au centre de chaque face émergent des bustes masculins en fort relief qui dépassent légèrement l’abaque quadrangulaire.
Le modèle antique du chapiteau corinthien est repris ; cependant la disposition des feuilles d’acanthe s’éloigne de l’agencement classique pour créer une composition plus libre. Le motif des têtes qui sortent du feuillage s’inspire de l’Époque tardo-romaine dont certains exemples sont encore visibles dans les Pouilles (ex. chapiteau de Foggia). En effet, des la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle l’omniprésence d’un décor ...

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... végétal à base de frises d’acanthes et de chapiteaux corinthiens, exprime une atmosphère résolument antiquisante dont les réminiscences se retrouvent dans certains développements de l’art frédéricien.
Les exemples abondent : à Foggia, les chapiteaux de Santa Maria Icona Vetere , datables vers 1230-1240, s’inspirent directement de prototypes antiques. Tel chapiteau provenant de Troia et daté vers 1220, offre, avec ses bustes jaillissants au-dessus d’une collerette, une réplique parfaite des nombreuses corbeilles romaines.
Le caractère antiquisant d’une partie de l’art frédéricien est fondamentalement lié à une volonté consciente de magnifier la grandeur impériale et de donner à la création artistique un symbolisme en conformité avec les tendances de la politique.

Les affinités entre notre chapiteau et certains décors architecturaux d’époque frédéricienne ne s’arrêtent pas à l’emplois de l’acanthe.
Les quatre têtes présentent des traits de visage qui permettent de les identifier comme des africains : les cheveux sont bouclés ou coiffés en tresses parallèles ; le nez est arrondi et assez large, les lèvres charnues ; les arcades sourcilières sont proéminentes et le front légèrement bombé ; les yeux en amande dont les contours sont nettement marqués sont rapprochés et les globes oculaires convexes, les pupilles gravés.
L’attention naturaliste réservée aux visages et à leurs connotations raciales est en contraste avec la représentation des bustes dont le graphisme abstrait des drapés semble assujetti à l’ornementation. Les plis parallèles en forme de V emboités créent une texture qui ne correspondent pas à une vraisemblance corporelle mais à des schémas ornementaux byzantinisants et abstraits. Cependant, ce côté conventionnel et schématique de la stylistique est tempéré ici par un nouvel intérêt porté à l’humain et à la représentation des différences raciales. Comme le dit Kaplan : "one of the most important achievement of visual art in the West during the Gothic period was the rediscovery of an effective means of depicting human racial variation”.
Les Maures sculptés sur les quatre faces du chapiteau sont autant intéressants d’un point de vue stylistique, à la fois réaliste et stylisé, ainsi que pour leur iconographie.
Le sculpteur à chercher à différencier les quatre personnages à travers leurs traits : une présente des cheveux tressés alors que les autres portent des cheveux en petites boucles.
A travers cette différence l’artiste a essayé à rendre la réalité des populations noires dans toute leur authenticité et de distinguer les différents peuples provenant d’Afrique, les Sarrazins de l’Afrique du Nord des peuples subsahariens.
Cette description sort du cadre stéréotypé cher aux sculpteurs du Moyen Age. La représentation de quatre africains aux lèvres charnues et aux cheveux frisés et tressés est certainement insolite au XIII siècle.
L’auteur de ce chapiteau connaissait des africains et il essaye d’en décrire les traits d’une manière fidèle.
La présence d’Africains dans le Sud de l’Italie est bien attestée dès le XII siècle. La dynastie impériale des Hohenstaufen contribua largement à la diffusion d’une atmosphère cosmopolite multiculturel et multilinguistique dans le Sud de la Péninsule. Des miniatures de l’époque témoignent de la présence d’une large communauté de musulmans noirs dans le royaume après la conquête de la Sicile par Henri VI en 1090. A la cour de Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), on retrouve des Africains dans des positions de pouvoir, comme par exemple son chambellan Johannes Maurus. Même après la disparition de la dynastie des Hohenstaufen, les artistes de la Péninsule ont insisté sur la fascination que la famille impériale manifestait envers la culture des peuples Africains et musulmans.
Quelques rares sculptures témoignent de cette fascination : le chapiteau provenant de Troia qui représente quatre personnages d’ethnies différentes dont un Noir ; le chapiteau conservé au Metropolitan Museum et le portrait sculpté de Johannes Maurus.
Notre chapiteau partage avec ces œuvres une iconographie très insolite dans l’art occidentale du XIII siècle et c’est le précieux témoignage d’un contexte historique et culturel innovateur et cosmopolite.

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Sculpture en pierre Moyen Âge

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