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Cavalière à glaçure trois couleurs, dynastie Tang
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Réf : 87287
7 200 €
Époque :
Avant JC au Xe siècle
Provenance :
Chine
Materiaux :
Terre cuite avec glaçure
Dimensions :
H. 40 cm
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Victoria Hougron
Victoria Hougron

Antiquités chinoises et Japonaises


+33 (0)7 51 26 78 70
Cavalière à glaçure trois couleurs, dynastie Tang

Cavalière en terre cuite à glaçure Sancaï ("Trois couleurs") , Dynastie Tang (618-907).

Provenance : Ancienne collection particulière anglaise puis vente Bonhams Londres.

Patriarcale et masculine par essence, la civilisation chinoise ancienne a néanmoins par convention accordé une place privilégiée à la femme au moins une fois dans son histoire, sous la Dynastie des Tang, qui était, à vrai dire, plus orientale que véritablement chinoise par son mode de vie et ses moeurs. C'est en effet sous les Tang, entre le 7ème siècle et le 10ème siècle, que la femme jouit d'une liberté plus importante et l'une d'entre elles deviendra même impératrice de Chine, Wu Zetian, au 7ème siècle. Les femmes montent alors à cheval, du haut duquel elles pratiquent même un équivalent du polo, elles écrivent des poèmes comme la fameuse poétesse Xue Tao, admirent des peintures et en peignent depuis que la peintre et poétesse Cai Wenji s'est une première fois enhardie à le ...

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... faire sous la dynastie Han.

L'art céramique et la peinture témoignent de cet âge d'or de la femme dans de nombreuses oeuvres qui étrangement sont toutefois souvent postérieures, puisque datant des Ming (1368-1644) et des Qing (1644-1912), ce qui a amené les historiens modernes à mettre un bémol à cette image d'Épinal. En effet, s'ils se sont complus à représenter la femme Tang sous l'apparence de fières cavalières ou de lettrées accomplies, - un cliché envahissant sur certains vases de Chine -, les Chinois de l'Ancien Régime, ont pourtant continué d'enfermer toujours davantage celles qui vivaient à leur époque - celle des Ming et des Qing - dans les jardins et harems de leurs Palais, allant même jusqu'à atrophier leurs pieds par des bandelettes pour les empêcher de courir. et donc... de s'échapper de leur condition d'éternelles confinées : paradoxe classique, dira-t'on, entre les représentations (rêvées) de l'art et la réalité vécue.

Vraiment et bien davantage libres furent probablement dans les faits les femmes des Yuan mongols, qui dominèrent un peu plus tard la Chine entre le 13ème et le 14ème siècle, mais, honnis par les Chinois, ils ne sont pas mentionnés pour ce bon point, et ce sont les Chinois qui s'attribuent au contraire une émancipation féminine qu'en réalité ils n'ont guère pratiqué par la suite.

La présente cavalière reste néanmoins un témoignage incontestable de cette parenthèse féministe réelle ou embellie dans l'histoire de la Chine ancienne, puisqu'elle réprésente une Dame de Cour avec son chignon haut et sa robe aux drapés lourds et élégants sur son fier destrier, le cheval typique Ferghana, importé massivement par les Tang d'Asie mineure, avec ses jambes trapues, sa croupe ample et sa petite tête. Le visage de sa cavalière est en revanche laissé écru comme les potiers Tang se plaisaient à le faire pour mieux ciseler les expressions de la face en finesse.

Des traces de pigments à froid se notent encore sur le chignon haut de cette élégante qui caracolait il y a plus de 1000 ans, de manière volontairement virtuelle puisque les terres cuites mingqi de ce type exécutées sous la dynastie Tang avaient pour but d'orner les tombes des défunts de la noblesse et de la bourgeoisie chinoises et de les accompagner ou les distraire dans l'au-delà. Funéraire ne rimant pas, en Chine, avec funèbre, cette cavalière se signale par son expressivité, le port altier de sa monture et les couleurs chaudes de leurs robes respectives rehaussées de glaçures magnifiques très bien préservées.

Victoria Hougron

Arts d'Asie