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Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray
Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray - Horlogerie Style Louis XVI Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray - Galerie Pellat de Villedon Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray - Louis XVI Antiquités - Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray
Réf : 72575
Prix sur demande   -   RÉSERVÉ
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
Lépine, Her du Roy à Paris
Materiaux :
Bronze doré
Horlogerie  - Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray XVIIIe siècle - Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray Louis XVI - Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray Antiquités - Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray
Galerie Pellat de Villedon
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Mobilier, objets d'art et tableaux


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Cartel provenant vraisemblablement du Garde-Meuble, de Thierry de Ville d'Avray

Cartel à branches de laurier, dit "du grand modèle", bronze ciselé et doré, émail, verre bombé, mouvement, platine et cadran signés "Lépine Her du Roy à Paris", vers 1775-1789. Dim. environ (H x L ): 96 x 45 cm.

Ce grand cartel de près d'un mètre de haut appartient à une série, dont 4 ont été livrés par l'horloger Lépine pour le Garde-Meuble de la Couronne. Considérant la qualité, il y a tout lieu de penser qu'il fut bien à l'usage d'un membre éminent de la Cour ou de la famille royale.


Identification

La forme et les ornements caractéristiques combinés à l'existence de documents d'archives du Garde-Meuble Royal ont permis de mener un travail d'identification solide du modèle. La provenance ne peut être établi quant à elle avec certitude puisque le modèle associé à l'horloger Lépine, n'est pas unique.

Premier élément d'identification : les dimensions. Ce cartel de 96 x 45 cm correspond à la fois aux dimensions mentionnées au Journal du Garde-Meuble de la Couronne et lors de l’inventaire des pendules dites "du Roi" rédigé en 1787 (cet inventaire recense les pendules placées par le Garde-Meuble dans les palais et institutions administratives).

Deuxième élément: le modèle de cartels à branches de laurier avec vase à deux anses et dans les dimensions indiquées, ne peut correspondre qu’à ce modèle. Les autres cartels sont à 90% à guirlandes de laurier. Ce qui n’est pas la même chose. De plus ces guirlandes ne sont pas associées avec des vases à deux anses couverts d’un fruit, mais plutôt du modèle à flammes ou couverts d’un bouquet. L’autre modèle à branche connu ne mesure que 70 cm, et doit correspondre au « petit modèle » mentionné pour d’autres livraisons au GMC qui est coiffé par un bouquet.

Troisième élément: le mouvement et le cadran porte le nom de Lépine. Il n’est pas nécessaire que le mouvement soit signé, mais ici c’est le cas, en plus du cadran. Le cadran et le mouvement comporte la mention « Lépine Her du Roy à Paris », qui est la signature apposée par l'horloger sur ses pendules livrées avant 1789. Or le Journal du GMC et les inventaires mentionnent bien le nom de Lépine, et les livraisons sont effectuées avant 1787.


Attribution du bronze

Ce modèle de cartel est à rapprocher de l'oeuvre de Robert Osmond, qui inventa et livra nombre de modèles au Garde-Meuble de la Couronne. Il se rapproche de dessins déposés par lui et Par Foullet afin de protéger leur propriété.


Une pendule royale

Lépine livre dès 1770 de grands cartels Transition pour Louis XVI, pour le comte de Provence à Versailles. Les livraisons font alterner le cartel à branche de laurier, comme ici, le cartel à draperie et le cartel à peau de lion qui sont les trois modèles récurrents au Journal de 1770 à 1787 environ.


Le Journal du GMC en date du 28 Décembre 1778, mentionne par exemple la livraison pour madame Elisabeth à Versailles, par Lépine d'un cartel de notre modèle :

"une pendule a cartel de bronze doré d’or moulu de 3 pieds de haut sur 15 pouces de large sonnant l’heure et la demie, allant 18 jours, le cadran d’émail plein de 10 pouces de diamètre, ornée de guirlandes de laurier et de deux palmes couronnées par un vase terminé par un fruit ».


D'autres sont livrés, par Lépine toujours, comme le précise l'inventaire des pendules du Roi 1787 :

-chez Madame Elisabeth à Versailles: "un grand cartel à branches de laurier en en bronze doré d’or moulu h. de 36 po sur 16 po de large par Lépine. Cabinet des Nobles". (ce qui indique que madame Elisabeth a conservé l’usage du cartel à elle livré en 1778)

-pour le salon du baron de Breteuil à Versailles: "un grand cartel à branches de laurier 36 po par 17 po par Lépine"

-au Garde-Meuble de la Couronne à Paris, salon de M. Thierry de Ville d'Avray (commissaire général): "un cartel à branche de laurier bronse doré do’ moulu, h. de 36 po sur 17 po de large, par Lépine.- Sallon, remis à l’ébénisterie".

et enfin

-au Garde-Meuble de la Couronne à Paris, chez M. de Crécy: "un grand cartel à branches de lauriers en bronse doré d’or moulu, h. de 36 po sur 17 po de large, par Lépine - Sallon".

Dans ces quatre mentions, on reconnaît l’usage du GMC d’exploiter un même modèle pour servir dans les maisons royales afin de faire l’économie de la création de modèles faits 'cy-exprès'.

Il est tout à fait probable que notre cartel de Lépine corresponde à l’un de ses quatre exemplaires. A en juger par la ciselure très (très) soignée, il s’agirait de celui de Marc Antoine Thierry de Ville d’Avray, ou éventuellement de celui de madame Elisabeth, quoiqu’on ait souvent économiser sur les dépenses à sa destination, et que Thierry n’ait jamais lésiné sur celles qu'il se destinait personnellement...


Originalité

Monsieur Dominique Aufort (Galerie Pellat de Villedon, expert ORDINEX) et moi-même avons démonté le cadran pour nous assurer de son authenticité, interloqués par son traitement. Le contre-émail est bien constitué de déchets. Ce n’est pas un cadran moderne aussi surprenant et bien conservé qu'il puisse paraître.
La numérotation est originale. Lépine s’est amusé à plusieurs reprises à transformer la numérotation classique. Versailles en conserve un exemple. D’autres cadrans ont été publiés dans l’ouvrage consacré à l’étude de Lépine. Sur certains cadrans au-lieu de VI VII et VIII ,il mettait même V1 V2 et V3 mais conservait pour les autres heures la disposition rayonnante en chiffres romains classiques et alternant avec des chiffres arabes.

La ciselure est splendide, la dorure au mercure enrichie à la feuille notamment sur les moulures autour du verre du cadran sont les signes d’une dorure d’origine très bien conservée.

La pendule a été révisée avant notre achat. Ainsi le marteau est constitué d’un simple fil de fer qui tranche avec la qualité du travail d’horloger du réputé Lépine. Il faudra le remplacer.

De même dans le cadre de cette restauration, le bronze a manifestement été nettoyé, et les parties ajourées de la lunette comblées d’un papier bleu moderne.


Bien peu de choses sommes tout pour un cartel de près de 250 ans.

Vincent Pruchnicki
Galerie Pellat de Villedon
Expert à la CEDEA

Galerie Pellat de Villedon

Horlogerie