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Cabinet d’Apparat Attribué à Thomas HACHE
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Réf : 70585
Prix sur demande
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Placage de noyer et marqueterie de bois fruitiers
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Costermans Antiquités
Costermans Antiquités

Tableaux anciens, mobilier et objets d'art des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles


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Cabinet d’Apparat Attribué à Thomas HACHE

France, Dauphiné, Epoque vers 1700.

En placage de noyer et marqueterie de bois fruitiers, la façade ouvrant par deux vantaux ornés de vases fleuris sur un entablement flanqué de part et d’autre oiseaux, la ceinture ouvrant par deux tiroirs, reposant sur sept pieds torsadés réunis par une entretoise à motif marqueté de fleurs et terminés par des boules.
Très richement marqueté de fleurs au naturel et stylisées, feuillages, branchages fleuris, feuilles d’acanthe, frises de rinceaux.
Bois fruitier : noyer brulé, loupe de frêne, houx.

A la fin du XVIIe Siècle, pour la toute première fois, ce type de meuble apparaît dans la production de Thomas Hache, non seulement pour sa forme en cabinet à deux vantaux sur piètement, mais aussi pour son décor marqueté et les essences et techniques employés.

Dès le début du XVIIè siècle, la France prend une part active au développement du cabinet apparu au XVIè siècle en Europe. Le cabinet est une armoire rectangulaire à tiroirs superposés et juxtaposés et ouvrant à une porte centrale, posé sur un bâti ou une table. À Paris, l’un des premiers menuisiers spécialisés dans la fabrication de cabinets est Jean de Milleville, ébéniste de la reine Anne d’Autriche et de Richelieu, dont l’inventaire après décès de 1654 révèle trois cabinets en ébène inachevés – l’un orné de panneaux d’écaille et l’autre en poirier à panneaux sculptés – ainsi qu’une « armoire à deux corps » en ébène « verte ». Ce dernier type de meuble à deux corps apparaît donc peu après le cabinet et donnera naissance un peu plus tard à l’armoire ouvrant à deux grands vantaux dont Pierre Gole puis André-Charles Boulle furent les promoteurs. Milleville fut ainsi l’un des prédécesseurs de Pierre Gole (v. 1620 – 1685), nommé ébéniste ordinaire du roi en 1654, qui créa les célèbres grands cabinets en ébène ouvrant à deux grands vantaux et reposant sur un piètement à colonnes .

Nous trouvons aussi des armoires réalisées par Thomas Hache à Chambéry peu avant, entre 1690 et 1695, qui présentent le même type d’ornements .
Ainsi, le meuble à deux corps présente une marqueterie très naturaliste et variée dans les espèces florales, où le jeune et brillant ébéniste a voulu témoigner de son savoir-faire et répondre à la mode de son époque.
Ces armoires richement marquetées ont ete realisées à Chambéry pour l’aristocratie du duché de Savoie, et sur lesquelles le décor est également très naturaliste et varié.

Enfin, sur notre cabinet nous ne trouvons pas cette couleur verte du bois teinté ((peut etre effacé par le temps). que l ont peut observer sur le cabinet de la Collection Bemberg ; cependant nous retrouvons l usage typique de la loupe de frêne dont il fera grand usage avec la loupe de sycomore dans son œuvre ultérieure. Si les grandes fleurs restent naturalistes (œillets, pivoines, tulipes), apparaissent en grand nombre ces petites fleurs (digitales et pois de senteur) en bois brûlé dont la facture indique une recherche nouvelle de stylisation qui conduira, dès 1700, aux fameux motifs de « marqueterie à l’italienne» qui constitueront sa dernière manière.

Chef d’œuvre de marqueteur, notre cabinet témoigne de différentes influences : hollandaises avec cette marqueterie de « fleurs au naturel » rappelant les compositions picturales des plus grands peintres flamands de l’époque, mais aussi d’influences italiennes par le procédé même de marqueterie. Elle témoigne également du grand souci de l’ébéniste de mettre en valeur les différentes essences de bois aussi rares que précieuses.

UNE DYNASTIE
A partir du milieu du XVIIe siècle et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, alors que l'ébénisterie parisienne connaît ses maîtres les plus prestigieux, Noël Hache, originaire de Calais, puis ses descendants, Thomas, Pierre, Jean-François et Christophe-André, installés à Grenoble, composent une dynastie d'ébéniste dont le talent et l'invention rivalisent avec les maîtres du faubourg Saint-Antoine. Consacrés dès 1721 avec le brevet d'ébéniste du duc d'Orléans accordé à Thomas, les Hache marqueront définitivement l'histoire et le répertoire des formes du mobilier en Dauphiné. Associant marqueterie, loupe, ronce, bois de fil, essences rares et locales, bois naturels et teintés, du style Louis XIV au Louis XVI triomphant, objets de la vie quotidienne et mobilier d'apparat constituent une production d'une diversité extraordinaire. Du règne de Louis XIV à la Révolution, aristocratie et bourgeoisie dauphinoises sollicitent les Hache pour une simple réparation comme pour d'importants aménagements domestiques, établissant la remarquable réussite de leur négoce et constituant un patrimoine qui continue de faire la fierté et la fortune des collectionneurs .Fruit d’un siècle de production, l’œuvre connue des Hache est d’une ampleur et d’une variété impressionnantes

À l’aube du XVIIIe siècle, Thomas Hache avait mis au point un procédé? de sciage spécial pour obtenir de grandes feuilles de loupes ainsi que des teintes rouges et vertes pour le sycomore et le frêne dont le secret est aujourd’hui perdu.
Employant des loupes et des racines aussi moirées et chatoyantes que des étoffes précieuses, Pierre Hache, ébéniste du duc d’Orléans, créera dans la mouvance du style Louis XV des décors de marqueterie dont la sûreté de goût et l’originalité resteront inégalées.
THOMAS HACHE
Fruit d’un siècle de production, l’œuvre connue des Hache est d’une ampleur et d’une variété impressionnantes

La famille Hache est une référence dans l’histoire de l’ébénisterie française. A une trentaine d’années, Thomas Hache est le premier à s’installer et s’enraciner à Grenoble. Avant, apprentissage chez son beau père à Toulouse (son père menuisier ébéniste dans cette ville est mort quand il avait six ans), tour de France en passant par Paris, puis Chambéry où il apprend la marqueterie d’incrustation à l’italienne, technique de la scagliola, son décor floral typique de l’époque mais aussi l’utilisation inhabituelle (on utilisait l’ébène principalement d’où le terme ébéniste) de bois indigènes (noyer sorbier, frêne, olivier, cerisier, poirier, érable) et les incrustations de fleurs en ivoire typiquement italiennes.
Mais revenons à Thomas Hache! A Grenoble il se marie en 1699 avec la fille de son maitre puis reprend la boutique de son beau père défunt. Il estampille ses créations “Hache à Grenoble” avant même d’avoir reçu la maîtrise. Son histoire est une succes story. Ébéniste ordinaire du duc d’Orléans gouverneur du Dauphiné, à partir de 1721, il voit ses commandes explosées et devient riche. A sa mort, il laisse à son fils Pierre (1705-1776) qui lui même passera le relais à son fils Jean-François (1730-1796), trois ateliers qui tournent à plein régime en fabriquant à la fois du mobilier courant et des ouvrages de luxe.
Un bel exemple, ci-dessous, d’ouvrage de luxe avec ce meuble deux corps et à retrait ouvrant à 4 vantaux, 2 tiroirs, reposant sur 6 pieds boule, 224 x 174 x 64,5 cm, adjugé à Aix en Provence le 13 décembre 2014 170 800 €.

Costermans Antiquités

XVIIIe siècle
Miroir à fronton d'époque Régence
Miroir à fronton d'époque Régence

Prix : Sur demande

Cabinet