EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Cabinet bellifontain d’epoque Renaissance representant les quatre saisons
Cabinet bellifontain d’epoque Renaissance representant les quatre saisons - Mobilier Style
Réf : 101675
10 000 €
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Ile De France, Ecole de Fontainebleau
Materiaux :
Noyer
Dimensions :
l. 125 cm X H. 184 cm X P. 47 cm
Galerie Gabrielle Laroche
Galerie Gabrielle Laroche

Haute Epoque


+33 (0)1 42 97 59 18
+33 (0)6 08 60 05 82
Cabinet bellifontain d’epoque Renaissance representant les quatre saisons

Tout dans ce meuble évoque la rigueur et l’élégance du règne d’Henri II, ce cabinet de la Renaissance est directement inspiré des réalisations bellifontaines de la seconde moitié du XVIe siècle.

Ce cabinet dont la partie supérieure est en léger retrait, ouvre par quatre vantaux et deux tiroirs en ceinture.


La Seconde Renaissance Française et l’Ecole de Fontainebleau

Sous Henri II se crée un style de mobilier totalement architectural. L’équilibre est né, et pose les bases d’un art français. L’armoire, comme réduction d’une façade d’édifice, ordonne modillons, colonnes, et corniche... Ce jeu d’emboîtement des formes architecturales s’applique aussi au niveau des formules décoratives : à l’intérieur de cette architecture rigoureusement traitée, l’effet décoratif prime.
Les vantaux s’habillent de motifs et de petites plaques de marbre dont la judicieuse ordonnance fixe les espaces sculptés. Ils rappellent aussi que les ...

Lire la suite

... premiers artistes italiens venus en France fabriquaient des planchers de marqueterie, art dans lequel ils étaient passé maître et dont l’influence a longtemps perduré.


Dans des cadres moulurés, les vantaux des deux corps sont ornés de sculptures en bas reliefs divisés en trois registres. Au centre de chaque panneau, une figure féminine, à la pudeur à peine voilée par une draperie flottant au vent, se font face au centre d’un paysage champêtre.

La première, en haut à gauche, tient dans sa main gauche une coupe et une grappe de raisins dans l’autre. Il s’agit de Pomone, allégorie de l’Automne.
A droite, une jeune femme porte une corbeille de fruit, allégorie de l’Hiver.

En bas à gauche, est présentée Cérès, déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité, symbolisant l’Été et la prospérité. Elle tient dans sa main droite une faucille.

A droite figure Flore, allégorie du Printemps tenant une fleur de sa main gauche.

La thématique dominante est celle des saisons. Ici l’été et le printemps se conforment au code traditionnel défini, plus tard, par Cesare Ripa dans l’Iconologia publiée en 1603 : figures féminines pour le printemps et l’été, chacune avec ses attributs : les fleurs en bouquets soulignent la jeunesse du printemps, l’été moissonne les champs de blé.

L’Ecole de Fontainebleau fait des saisons son thème de prédilection, mais elle réinvente les modèles : elle dénude les personnages féminins, qui, à l’exception du printemps étaient toujours habillés, mettant en valeur la ligne souple des corps parfaitement inscrits dans le cadre qui sert de limite au motif.
L’influence de Jean Goujon se manifeste autant par la composition des panneaux et le choix des thèmes (saisons, nymphes, déesses) que par leur exécution : figures à faible relief, canon élancé, postures de danses.

La structure du meuble, ses proportions, le découpage de l’espace décoratif répondent également aux critères définis par les ateliers de Fontainebleau. Si la composition reste architecturale elle est cependant fortement atténuée : les éléments porteurs se réduisent à de très élégantes colonnes baguées aux chapiteaux corinthiens, le décor se répartit selon un rythme ternaire sur les panneaux comme sur le bâti avec ces consoles à décor de feuilles d’acanthe, les vantaux moulurés encadrent la figure centrale symétriquement disposée.


Conclusion

Son décor et le découpage de l’espace décoratif sont caractéristiques de la Seconde Renaissance française.

Les vantaux se parent de déesses qui s’inspirent du répertoire ornemental antique, mêlé d’italianisme. L’ensemble est imprégné du maniérisme bellifontain. Ce type de représentation allégorique des saisons fut particulièrement fréquent au cours de la seconde moitié du XVIe siècle. Le charme de ces figures féminines sut séduire les commanditaires.

Sommet de l’art français par la raffinement du décor, la rigueur des proportions, la souplesse des couronnements, ce cabinet se compare sans difficulté au mobilier destiné aux châteaux royaux pour lesquels s’est déployée, sous le patronnage royal, l’extraordinaire vitalité d’ateliers qui créaient le mobilier de Chambord, de Saint-Germain ou de Fontainebleau.

Ce meuble à deux corps apparaît ainsi comme une belle réalisation d’Ile de France de la seconde moitié du XVIe siècle.

Galerie Gabrielle Laroche

Cabinet & Coffre