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Bougeoir à main en acier poli, rehaussé de laiton et d’étain
Bougeoir à main en acier poli, rehaussé de laiton et d’étain - Luminaires Style
Réf : 85528
8 500 €
Époque :
XVIIIe siècle
Dimensions :
L. 10 cm X l. 9.3 cm X H. 6.5 cm
Poids :
0.2 Kg
Luminaires Bougeoirs et Chandeliers - Bougeoir à main en acier poli, rehaussé de laiton et d’étain
Galerie François Léage
Galerie François Léage

Mobilier et objets d'art du XVIIIe siècle


+33 (0)1 45 63 43 46
Bougeoir à main en acier poli, rehaussé de laiton et d’étain

Russie, Manufacture de Toula, fin du XVIIIème siècle
Acier, rehaussé d’application de laiton et d’étain

Ce bougeoir à main en acier poli, rehaussé de laiton et d’étain de forme octogonale présente une base à motifs floraux et feuilles enrubannées encadrée d’un filet en laiton.
Le binet de forme cylindrique qui repose sur une bague perlée est agrémenté de losanges en laiton dans lesquels s’insèrent des motifs de fleurons et alternent avec des motifs feuillagés.
La poucette est cordiforme.

La manufacture de Toula
Pouvant être comparé à un travail de bijoutier, ce bougeoir à main est un exemple raffiné des objets créés aux XVIIIème siècle par la manufacture de Toula.
La ville de Toula, située au sud de Moscou, a su exploiter très tôt sa situation géologique : le gisement de fer sur lequel la ville est installée lui permit d’exister économiquement et de dépasser rapidement son rôle de producteur d’armes de guerre, de chasse, de ...

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... duel et d’apparat. Établie en 1712 sous l’impulsion de Pierre Ier le Grand (règne 1682-1725), la manufacture atteignit son apogée grâce au savoir-faire exceptionnel de ses artisans. Elle étendit sa production aux meubles et aux objets d’art dès les années 1740 sous le règne d’Elizabeth Ire (règne 1741-1762) alors que le besoin en armes diminuait en conséquence de la fin de la guerre contre la Suède. Aux côtés d'objets tels que bougeoirs, coffres et tirelires sortirent ainsi des ateliers de la manufacture des meubles reprenant les formes traditionnelles du mobilier que sont les sièges ou encore les tables.
La spécificité des œuvres de Toula réside dans l’utilisation de différents matériaux sur le même objet. Sur ces pièces de grande qualité en acier poli, parfois bleui, sont incrustés une multitude de « diamants d’acier taillés en facette » auxquels sont ajoutées des incrustations en reliefs ciselées en surface. Sur une même pièce, on combinait jusqu’à six métaux différents : l’acier, le cuivre, le laiton, l’étain, le bronze et l’or.
Les objets de Toula concentrent ainsi un haut degré de maîtrise technique et de raffinement artistique.

Le prix des objets sortis de la manufacture de Toula était proportionnel à la complexité du travail et à la durée consacrée à leur création. Ces caractéristiques les firent qualifier dès l’époque de véritables « raretés et préciosité ». Ainsi seuls les membres de la famille impériale et l’aristocratie étaient en mesure de les acquérir. L’impératrice Catherine II de Russie (règne 1762-1796), grande amatrice convaincue d’arts décoratifs et fervente protectrice de la production nationale, compléta sa collection - déjà conséquente - avec ces trésors de modernité qu’elle présenta annuellement en son palais de Tsarkoïe Selo.
L’engouement pour les pièces de Toula se poursuivit sous le règne d’Alexandre Ier (règne 1801-1825) et ces œuvres, présentées aujourd’hui au musée de l’Ermitage, sont considérées comme des pièces phares de l’ancienne Galerie des Trésors du Palais d’Hiver.

La manufacture de Toula incarne ainsi la perfection artisanale et l’audace d’une identité russe se voulant affirmée dans l’Europe du XVIIIème siècle. Le savoir-faire et l’habileté d’exécution des maîtres armuriers-serruriers participèrent au rayonnement de la nation des tsars à travers le vieux continent, notamment par des cadeaux diplomatiques.
L’aversion de Paul Ier pour sa mère lui faisant détester tout ce qu’elle appréciait, la manufacture perdit progressivement son soutien dans les dernières années du XVIIIème siècle mais ce sont surtout les guerres napoléoniennes et le changement de goût qui eurent raison de cette production d’exception dans les premières années du XIXème siècle.

Bibliographie :
Antoine Chenevière, Splendeur du mobilier russe, 1780-1840, Paris, Edition Flammarion, 1988, p. 248
Emmanuel Ducamp (sous la dir.), Pavlovsk, Paris, The Collections, 1993, p. 92
Alain Renner, Mobilier de métal de l’Ancien Régime à la Restauration, Paris, Editions Monelle Hayot, 2009

Bon état, usures d'usage

Galerie François Léage

XVIIIe siècle
Pendule l’amour messager
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