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Antoine RIVALZ (Toulouse, 1667 - 1735) - Judith et Holopherne
Réf : 64534
Prix sur demande
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
Londres, collection particulière
Materiaux :
Huile sur toile - cadre en bois sculpté et doré
Dimensions :
L. 101.5 cm X H. 123 cm
Galerie Alexis Bordes
Galerie Alexis Bordes

Tableaux et dessins du XVIIe au XIXe siècle


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Antoine RIVALZ (Toulouse, 1667 - 1735) - Judith et Holopherne

Judith et Holopherne
Circa 1705

Fils de Jean-Pierre Rivalz, architecte et peintre de l’hôtel de ville de Toulouse, Antoine Rivalz commença son apprentissage dans l’atelier paternel. Il passa ensuite dans l’atelier du dessinateur Raymond Lafage, déjà célèbre, avant de partir parfaire sa formation à Paris à l’Académie royale. À son retour à Toulouse, il aurait reçu ses premières commandes pour les hôtels particuliers, mais quitta bientôt sa ville natale pour Rome. Le jeune artiste y demeura plus de dix ans, fréquentant les cercles classicisants. En 1694, il reçut le second prix de l’Académie de Saint-Luc, derrière Balestra et Nardi. Ce concours marqua un tournant dans sa carrière romaine. Jouissant de l’amitié d’artistes tels que Carlo Maratta, Luigi Garzi ou Benedetto Luti, il fut dorénavant sollicité par la société romaine et française. Certaines commandes importantes lui venaient également de sa Toulouse natale.
Rappelé par son père, Rivalz quitta l’Italie en 1701. Dès 1703, les Capitouls le nommèrent peintre de l’hôtel de ville. Faiblement rémunérée, cette charge que l’artiste assuma jusqu’à sa mort en 1735, lui permit de nouer de fructueuses relations avec le patriciat toulousain et de bénéficier d’un quasi-monopole des commandes publiques, religieuses et privées à Toulouse. Rivalz imposa son style personnel et brillant, qui frappait par sa diversité. Influencé tantôt par l’art baroque romain, tantôt par l’atticisme parisien, au gré des œuvres et des sujets.

C’est très vraisemblablement pour un particulier toulousain que Rivalz réalisa, peu après son retour de Rome, la série des « femmes illustres ». Il s’agissait probablement de Jean-Mathias de Riquet, président du parlement de Toulouse, qui avait épousé, en 1702, à l’âge de soixante-quatre ans, Marie-Louise de Montaigne, de trente-six ans sa cadette. Riquet avait chargé Rivalz de réaliser deux portraits de la jeune mariée en Diane, l’un conservé au musée des Augustins de Toulouse et l’autre connu par la gravure. La mort de Riquet en 1714 obligea sa veuve à vendre le château de Lespinet qui aurait pu abriter la série. En effet, l’ensemble fut dispersé très rapidement : d’après les dédicaces des gravures, La Mort de Paetus et La Mort d’Arria se trouvaient ainsi vers 1720 chez Pierre de Lagorrée et Antoine Glassier. Trois toiles se retrouvèrent ensuite chez Louis de Fumel qui avait acquis le château de Lespinet.
Composée de tableaux de formats strictement identiques, la série mettait en scène des héroïnes accomplissant des actions exceptionnelles, des femmes préférant la mort au déshonneur ou encore des séductrices criminelles : Arria, Cléopâtre, Lucrèce, Judith, Péro (la charité romaine), Dalila etc. Dix au moins, ces tableaux pouvaient s’organiser par pendants, jouant sur l’opposition et la similitude de certains sujets, comme La mort de Cléopâtre et La mort de Lucrèce, Joseph et la femme de Putiphar et Suzanne et les Vieillards, Judith de Holopherne et Samson et Dalila. La plupart des compositions furent gravées par le cousin et élève de l’artiste, Barthélemy Rivalz. Toutes les « femmes illustres » étaient représentées grandeur nature et à mi-corps, sur le modèle de Simon Vouet, de Claude Vignon et des caravagesques de Toulouse, ce qui correspondait sans doute au goût du président Riquet formé dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Toute l’originalité du talent de Rivalz se révèle dans notre peinture, que ce soit dans l’audacieuse juxtaposition des couleurs sur l’épaule de Judith, le traitement tout en ombres délicates de son visage résolu détourné du spectateur, la brillance sourde du motif sur le drapé vert de la tente ou l’ambiance assombrie héritée des caravagesques de Toulouse.

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Galerie Alexis Bordes

Tableaux XVIIIe siècle